Valentine Goby

L’île haute

Roman

Un jour d’hiver, le jeune Vadim, petit Parisien de douze ans, gamin des Batignolles, inquiet et asthmatique, est conduit par le train vers un air plus pur. Il ignore tout des gens qui vont l’héberger, quelque part dans un repli des hautes montagnes. Il est transi de fatigue quand, au sortir du wagon, puis d’un tunnel – l’avalanche a bloqué la voie –, il foule la neige épaisse et pesante, met ses pas dans ceux d’un inconnu. Avance vers un endroit dont il ne sait rien. Ouvre bientôt les yeux sur un décor qui le sidère, archipel de sommets entre brume et nuages, hameau blotti sur un replat. Immensité enivrante qui le rend minuscule. Là, tout va commencer, il faudra apprendre : surmonter la séparation, passer de la stupeur à l’apprivoisement, de l’éblouissement à la connais­sance. Con­fier sa vie à d’autres, à ceux qui l’accueillent et qui savent ce qui doit advenir.
L’île haute est le récit initiatique d’une absolue première fois, d’une découverte impensable : somptueux roman-paysage qui emplit le regard jusqu’à l’irradier d’hu­­­milité et d’humanité. Images et perceptions qui nous traversent comme autant d’émotions, nous élèvent vers ces ailleurs bouleversants, ces montagnes dont la démesure change et libère les hommes – et sauve un enfant.

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D’intention je ne sais pas s’il y a eu, pas au commencement en tout cas. Ce livre est né moins d’une recherche, d’une volonté, que d’une écoute. Sans doute il était là, tapi, il avait besoin de silence et d’espace pour jaillir. Il existait peut-être déjà, comme me l’a dit mon éditrice quand elle a lu un texte que j’avais publié dans la revue Zadig, au tout début du confinement. Ce texte s’appelait Ma montagne magique et il évoquait la montagne de mon enfance, ou plutôt, dans une relation à cette nature sans fard, mon émerveillement et mon éveil à la beauté.

Elle m’a dit exactement : « Il y a un roman dans ces quelques pages. »

Le confinement est arrivé, a duré. L’espace s’est à la fois rétracté au-dehors, et dilaté au-
dedans. Le temps s’est suspendu, et tout ce qui jusqu’alors faisait ma vie d’autrice, le mouvement, la quête de témoignages, la recherche encyclopédique, historique, a été totalement arrêté. J’étais enfermée dans un petit appartement en région parisienne, sans accès à ce qui nourrit habituellement mon écriture. Dans ce vide j’ai d’abord eu la sensation d’être engloutie et l’écriture m’a paru impossible. Jusqu’à ce que j’aie l’intuition que mon éditrice avait raison. Et s’il y avait un roman dans ma montagne ? Un roman en moi.

L’île haute raconte un déplissement. Le mien, et en miroir celui de mon personnage. J’ai choisi de l’ancrer dans une vallée extraordinaire qui n’est pas celle de mon enfance, elle est à la fois très précisément située et elle brouille les repères, c’est un lieu où je me reconnais et qui m’est à l’origine parfaitement étranger. J’y ai rencontré des gens qui me rappellent des figures anciennes mais qui ne sont pas elles. J’y ai exploré les curiosités et les outrances d’un paysage, de saisons que la pandémie rendait à leur magie de conte et qui ont fait ressurgir en moi le miracle des premières fois.

Je n’ai pas eu d’autre intention que celle de traduire les sensations prodigieuses qui m’ont traversée, de leur trouver une langue. Je ne sais pas encore bien ce que j’ai écrit, ce qui s’est en quelque sorte révélé. Je sais seulement qu’il y a dans ce roman une quête de beauté et d’étonnement, un désir profond de liberté.’’

– Valentine Goby

A propos de l’auteure

Valentine Goby

Auteure de treize romans dont Kinderzimmer en 2013 chez Actes Sud, un livre avec lequel elle a obtenu treize prix littéraires dont celui des Libraires, on notera le succès de Un paquebot dans les arbres en 2016, Murène en 2019. La Fille surexposée, initialement publié chez Alma en 2014, sort simultanément à L’île haute en Babel.

Bibliographie

Murène

août, 2019

Un paquebot dans les arbres

août, 2016

Kinderzimmer

août, 2013

Commander L’île haute

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